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Comprendre l’encours bancaire avec des exemples concrets et simples

21 février 2026

Un chiffre, une échéance, un retard de paiement : parfois, c’est tout ce qu’il faut pour bouleverser la vie d’une entreprise. Maîtriser l’encours bancaire n’est pas une lubie administrative, c’est une question de survie et un levier pour préserver l’équilibre avec vos clients. Mieux vaut donc ne pas naviguer à vue. Décryptage et exemples à l’appui, pour rendre l’encours bancaire enfin accessible.

Notion d’encours

Quand on parle d’encours, on désigne le montant total des crédits ou des actifs qui n’ont pas encore été réglés à une date précise. C’est une somme immobilisée : elle attend son heure, sans avoir été soldée. Concrètement, il peut s’agir d’une épargne, d’un solde de compte ou d’un prêt en cours. L’encours bancaire, lui, regroupe tous les crédits dus par un débiteur à son créancier. Par extension, il peut aussi recouvrir l’ensemble des avoirs, qu’ils soient en actif ou en passif, sur une période déterminée.

Il existe deux grandes familles d’encours. D’une part, l’encours client, qui correspond aux factures émises par une entreprise à ses clients débiteurs. De l’autre, l’encours des approvisionneurs, c’est-à-dire les crédits qu’un fournisseur accorde à son client.

Selon le rôle que vous occupez dans la transaction, acheteur ou vendeur,, vous pouvez être créancier (celui qui attend le paiement) ou débiteur (celui qui doit régler). Dans tous les cas, il est indispensable de s’accorder sur les clauses concernant la livraison et le paiement, pour que la collaboration reste fluide. Le remboursement de l’encours peut s’effectuer selon le calendrier prévu, ou bien de façon anticipée, selon les termes fixés lors de la signature. Pour faciliter les affaires, il est courant que les entreprises accordent à leurs clients un délai de règlement compris entre 30 et 90 jours, couvrant ainsi le temps nécessaire à la gestion des commandes et des ventes.

Financement avec affacturage

Quand la trésorerie se tend, l’affacturage offre une bouffée d’air : il permet de financer l’encours en mobilisant les factures non encore réglées. Dans ce schéma, l’encours de l’acheteur regroupe plusieurs composantes, que voici :

  • Factures à émettre : il s’agit des livraisons réalisées et des prestations fournies, pas encore facturées.
  • Toutes les dettes non échues : ce sont les montants dont la date limite de paiement n’est pas encore atteinte. Ces crédits ne sont généralement pas pris en compte comme encours éligible lors d’un contrat d’affacturage.
  • Les facturations clients dont l’échéance est dépassée ou qui sont jugées douteuses : ces dettes constituent l’encours éligible, car elles sont susceptibles d’être financées par l’affacturage.

Pour sécuriser l’opération, de nombreuses entreprises optent pour une assurance-crédit. Cette garantie permet d’obtenir une couverture sur les créances, souvent plus large que dans le cadre d’un contrat de full factoring. Les assureurs-crédit, experts du secteur, connaissent la solidité financière des sociétés et peuvent ainsi accorder des marges de financement plus importantes. Mais attention : ces garanties n’interviennent qu’en cas de non-paiement avéré ou présumé de la part des clients.

Calcul de l’encours

Avant de signer un contrat d’affacturage, il est impératif de calculer son encours moyen : ce chiffre donne une photographie précise du volume de créances à financer auprès des clients. Lorsqu’une entreprise sollicite un prêt, la banque examine justement ce point pour évaluer la solidité financière du demandeur. Plus l’encours monte, plus l’enjeu s’amplifie.

Le mode de calcul reste simple. Il suffit de diviser le chiffre d’affaires annuel par 365, puis de multiplier le résultat par le nombre de jours de délai de paiement consenti aux clients. Illustrons avec un cas concret : une société X réalise 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, et accorde un minimum de 45 jours de crédit à ses clients. Le calcul s’effectue ainsi :

CAX = 2 000 000 € ÷ 365 = 5 479 €

5 479 € x 45 = 246 575 €

La moyenne d’encours pour l’entreprise X s’établit donc à 246 575 €. Si le délai grimpe à 90 jours, ce montant double pour atteindre 493 110 €.

Dépassement d’encours

Il arrive qu’un acheteur dépasse le plafond d’encours garanti fixé par l’entreprise d’affacturage. Dès lors, plus aucun financement de factures n’est possible tant que la situation n’est pas régularisée. Deux options sont alors envisageables : demander au Factor une réévaluation du plafond, ou patienter jusqu’à ce que le débiteur rembourse une partie de sa dette et fasse ainsi redescendre l’encours.

Les conséquences du dépassement d’encours sur la relation avec la banque

La relation entre une entreprise et sa banque peut rapidement se tendre si le plafond de l’encours est franchi. En clair : l’entreprise se retrouve avec des dettes supérieures à ce qu’elle peut rembourser à court terme. Dans ce contexte, la banque peut décider de réduire la ligne de crédit, voire de la supprimer d’un trait de plume.

Pour l’entreprise, la sanction est immédiate : la trésorerie s’assèche, le financement se resserre, et la situation peut devenir critique, jusqu’à menacer la continuité de l’activité si aucune solution n’est trouvée dans les meilleurs délais.

Une gestion rigoureuse de l’encours bancaire s’impose donc pour éviter ces écueils et maintenir des échanges sereins avec les partenaires financiers. Cela passe par un suivi précis des factures clients et une gestion efficace des stocks et des fournisseurs.

L’encours bancaire fonctionne comme un levier pour la trésorerie de l’entreprise. Il ouvre des opportunités, à condition d’être manœuvré avec vigilance pour ne pas compromettre la santé financière à court ou à long terme.

Comment réduire son encours bancaire en optimisant sa gestion de trésorerie

Pour alléger son encours bancaire, il faut s’attaquer à la racine : la gestion de la trésorerie. Plusieurs pistes s’offrent aux entreprises qui souhaitent limiter leur exposition :

  • Veiller à l’émission rapide des factures clients et assurer un suivi systématique des paiements pour éviter tout retard. L’application de pénalités en cas de retard peut encourager les clients à honorer leurs engagements dans les temps.
  • Adopter une gestion attentive des stocks : surveiller les niveaux pour éviter aussi bien la rupture que le sur-stockage, qui immobilise inutilement des fonds. Négocier des délais de paiement étendus avec les fournisseurs peut aussi apporter un peu de souplesse.
  • Mettre en place une politique d’achat raisonnée : bannir les achats superflus, privilégier les commandes réellement nécessaires et adaptées à la demande.
  • Suivre les dépenses de près, avec une comptabilité rigoureuse et des mises à jour régulières, pour toujours garder une vision claire de la situation financière.

En adoptant ces réflexes, chaque entreprise peut retrouver une marge de manœuvre, contenir l’encours bancaire et éviter de se heurter aux limites fixées par la banque. La rigueur dans la gestion de la trésorerie n’est pas une option : c’est la clé pour traverser les tempêtes et bâtir sa pérennité.

Quand chaque euro compte, surveiller l’encours bancaire, c’est garder la main sur le volant. À défaut, la route devient vite sinueuse.

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