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Durée de prescription en assurances : combien de temps pour agir ?

16 janvier 2026

Le compte à rebours ne commence pas toujours là où on l’attend. En assurance, le point de départ du délai de prescription varie selon la nature du contrat et l’événement déclencheur. La loi prévoit généralement un délai de deux ans, mais certaines situations étendent ce laps de temps à dix ans, notamment en assurance-vie. Une simple lettre recommandée ou la reconnaissance partielle d’un sinistre peuvent interrompre ou suspendre ce délai, modifiant ainsi les droits des parties. Ce mécanisme légal, souvent méconnu, bouleverse la chronologie des recours possibles face à l’assureur. Les règles de prescription diffèrent sensiblement d’un type de contrat à l’autre, rendant la vigilance indispensable.

Comprendre la prescription en assurance-vie : définition et enjeux

La prescription en assurance-vie ne se résume pas à une formalité oubliée dans les marges du contrat. Ce principe, ancré dans le code des assurances et le code civil, fixe le délai durant lequel le bénéficiaire ou le souscripteur peut engager une action à l’encontre de l’assureur. En règle générale, ce laps de temps grimpe à dix ans à compter de l’événement déclencheur : décès de l’assuré ou réalisation du risque garanti. Cette contrainte chronologique s’applique à tous les acteurs du secteur, sans exception.

La législation, à travers des articles précis, annonce : « toutes les actions issues d’un contrat d’assurance se prescrivent par deux ans » (prescription biennale), hormis les cas d’assurance-vie où la barre passe à dix ans. Les conséquences sont directes : au-delà du délai, aucune action ne sera recevable, même si toutes les primes ont été réglées ou si le contrat reste en vigueur. Ce cadre pose les bases d’un rapport équilibré entre la sécurité offerte à l’assureur et la protection octroyée au bénéficiaire.

Le moment où le droit d’agir naît correspond à la date à laquelle le bénéficiaire apprend qu’il est concerné et que le contrat existe. Ce détail, loin d’être anecdotique, peut repousser le début du délai si la découverte intervient après le décès. Les spécialistes du droit s’attardent volontiers sur ces subtilités, car la jurisprudence ajuste chaque année le périmètre de la prescription en assurance-vie. Les modalités de notification et la preuve de la connaissance réelle font l’objet d’ajustements constants.

Combien de temps pour agir après un sinistre ? Les délais à connaître

Face à un sinistre, le temps joue contre l’assuré. Les textes sont clairs : dès qu’un incendie, un dégât des eaux ou un vol survient, le décompte démarre.

Pour la grande majorité des contrats d’assurance habitation, la prescription biennale s’applique : deux ans, pas un de plus, pour agir. Ce délai débute à la date de l’événement ayant causé le dommage ou à celle où l’assuré en prend connaissance, selon la formulation du contrat et l’évolution des décisions de justice.

Voici les étapes à respecter pour rester dans les clous :

  • Déclaration du sinistre : dans un délai de 5 jours ouvrés à compter de la découverte, ou 2 jours seulement en cas de vol.
  • Action en indemnisation : à exercer impérativement dans les deux ans, sous peine de voir le droit s’éteindre.

Le point de départ de la prescription varie selon la situation : pour les sinistres évidents, la date de l’événement est retenue ; pour les dommages moins visibles, c’est la date de découverte qui fait foi. Les compagnies d’assurance se montrent strictes : passé ce délai, toute demande tombe à l’eau, même si le litige persiste ou si l’indemnisation est contestée.

Certaines circonstances introduisent des exceptions, par exemple si la victime est mineure ou en cas de force majeure. Il faut rester attentif : manquer le délai pour agir, c’est perdre toute possibilité d’obtenir réparation.

Interruption, suspension : ce qui peut modifier la durée de prescription

En assurance, les délais de prescription ne sont pas coulés dans le béton. Deux mécanismes principaux les perturbent : l’interruption et la suspension. L’un efface le compteur, l’autre le met en pause.

Dans la pratique, une action en justice ou l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception à l’assureur, exprimant une demande claire d’indemnisation, interrompt le délai. L’article L. 114-2 du code des assurances décrit précisément ces situations. La nomination d’un expert judiciaire a le même effet.

Quant à la suspension, elle stoppe temporairement la course du temps sans la remettre à zéro. C’est le cas, par exemple, lorsqu’une procédure d’expertise amiable est lancée après un sinistre. Le délai recommence à courir une fois cette étape achevée.

Voici les principaux cas qui influent sur le délai :

  • Action portée devant le juge : le délai s’interrompt sur-le-champ.
  • Désignation d’un expert : interruption si l’expertise se déroule de façon contradictoire.
  • Lettre recommandée à l’assureur : interruption à compter de la réception.

Les juges, notamment ceux de la chambre civile de la Cour de cassation (cass. Civ.), ajustent régulièrement l’application de ces règles. Chaque échange avec l’assureur a son importance : une lettre recommandée reçue peut prolonger la possibilité d’agir. Parfois, un simple courrier bien formulé relance la course contre la montre.

Assurance-vie et autres contrats : des délais différents à vérifier sur votre police

L’assurance-vie ne joue pas avec les mêmes cartes que les autres contrats. La prescription ne suit pas la règle des deux ans prévue par le code des assurances pour la plupart des polices. Ici, c’est le code civil qui s’applique. Résultat : le délai grimpe à cinq ans après le décès, à partir du moment où les bénéficiaires apprennent leur statut et l’existence du contrat.

Ce point de départ, objet de débats réguliers, a vu la jurisprudence affiner la notion de « connaissance réelle », source fréquente de désaccords entre bénéficiaires et compagnies. Un examen attentif du contrat s’impose : certaines polices incluent des délais particuliers pour déclarer l’événement ou fournir les documents nécessaires.

Pour les autres types de contrats, la règle change. Les assurances dommages, par exemple, relèvent de la prescription biennale : deux ans pour toute contestation ou réclamation. En assurance emprunteur ou garantie obsèques, le délai varie selon la nature du litige ou du sinistre. Tous ces détails figurent dans la notice d’information jointe au contrat, souvent négligée lors de la souscription.

Voici un aperçu des principaux délais selon le type de contrat :

  • Assurance-vie : 5 ans à partir de la date où le bénéficiaire connaît sa qualité
  • Assurances dommages : 2 ans à compter de l’événement

Cette diversité des délais impose une lecture attentive de chaque clause, chaque référence aux articles du code des assurances. La moindre erreur ou omission peut vous priver définitivement du droit d’agir. Quand le temps file, la rigueur devient votre meilleur allié. Qui néglige sa police d’assurance risque de voir ses recours disparaître sans bruit.

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