La prime carburant versée par l’employeur figure sur le bulletin de paie, mais son traitement fiscal ne suit pas la même logique qu’une prime classique. Depuis juin 2026, le plafond d’exonération a été doublé, ce qui modifie concrètement la ligne à vérifier lors de la déclaration de revenus. Comment distinguer la fraction exonérée de la fraction imposable, et quel impact réel sur le prélèvement à la source ?
Prime carburant 2026 : plafonds d’exonération et fiscalité comparés
Le changement majeur de juin 2026 porte sur le relèvement du plafond d’exonération. Le tableau ci-dessous résume le régime fiscal applicable selon le montant perçu et le type de véhicule utilisé.
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| Critère | Avant juin 2026 | Depuis juin 2026 |
|---|---|---|
| Plafond d’exonération (véhicule thermique) | 300 € par an | 600 € par an |
| Plafond d’exonération (véhicule électrique, hybride rechargeable, hydrogène) | 600 € par an | 600 € par an |
| Cotisations sociales sur la fraction exonérée | Aucune (ni CSG ni CRDS) | Aucune (ni CSG ni CRDS) |
| Impôt sur le revenu sur la fraction exonérée | Non imposable | Non imposable |
| Traitement du dépassement | Imposable comme salaire | Imposable comme salaire |
Pour les salariés roulant en véhicule thermique, le doublement du plafond change la donne. Une prime de 500 € versée en 2025 générait 200 € de revenu imposable supplémentaire. La même prime versée après juin 2026 est intégralement exonérée.

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Revenu imposable et bulletin de paie : ce que la prime carburant modifie (ou pas)
La prime carburant exonérée apparaît sur le bulletin de paie, mais elle ne se comporte pas comme du salaire au sens fiscal. Elle n’augmente ni le revenu imposable ni le taux de prélèvement à la source, tant qu’elle reste sous le plafond de 600 €.
Concrètement, lors de la déclaration de revenus, la fraction exonérée n’est pas intégrée au montant pré-rempli des salaires. Le contribuable n’a rien à ajouter ni à retrancher pour cette partie.
Que se passe-t-il au-delà du plafond ?
Si l’employeur verse une prime supérieure à 600 € sur l’année, le surplus est traité comme une rémunération classique. Il s’ajoute aux salaires imposables, supporte les cotisations sociales et augmente l’assiette du prélèvement à la source.
Un salarié qui perçoit 800 € de prime carburant en 2026 verra donc 200 € réintégrés dans ses revenus imposables. Cette distinction entre fraction exonérée et fraction excédentaire est la seule vérification à effectuer lors de la déclaration.
Prime carburant et frais réels : le piège de la double déduction
Les salariés qui optent pour la déduction des frais réels au lieu de l’abattement forfaitaire de 10 % doivent intégrer un mécanisme souvent mal compris. La prime carburant exonérée vient en déduction des frais réels déclarés.
Le calcul fonctionne ainsi :
- Le salarié calcule ses frais de déplacement domicile-travail selon le barème kilométrique ou ses dépenses réelles justifiées
- Il soustrait de ce total le montant de la prime carburant exonérée perçue dans l’année
- Seul le solde restant est déductible du revenu imposable sur la déclaration
Un salarié déclarant 2 000 € de frais réels de trajet et ayant perçu 600 € de prime exonérée ne pourra déduire que 1 400 €. Ignorer cette règle expose à un redressement, puisque l’administration fiscale dispose des informations transmises par l’employeur via la déclaration sociale nominative.
Frais réels ou abattement forfaitaire : quel choix avec la prime ?
L’abattement forfaitaire de 10 % n’est pas affecté par la prime carburant exonérée. Seuls les frais réels le sont. Pour les salariés dont les frais de trajet sont modestes, l’abattement forfaitaire devient donc plus avantageux dès lors qu’une prime carburant vient réduire le montant déductible en frais réels.
Avant de cocher la case « frais réels » sur la déclaration, il faut recalculer le solde net après déduction de la prime. Si ce solde tombe sous le montant de l’abattement forfaitaire, le choix des frais réels fait perdre de l’argent.

Conditions d’éligibilité depuis 2025 : critères géographiques et horaires
Depuis 2025, la prime carburant ne peut plus être versée à tous les salariés sans distinction. L’employeur doit vérifier que le salarié remplit au moins l’une des conditions suivantes :
- Sa résidence habituelle ou son lieu de travail se situe dans une commune non desservie par un transport collectif régulier, ni par un service privé mis en place par l’entreprise
- Sa résidence ou son lieu de travail se trouve en dehors d’une agglomération de plus de 100 000 habitants
- Ses horaires de travail rendent l’utilisation des transports en commun impossible (travail de nuit, horaires décalés)
Ces critères s’appliquent indépendamment du nouveau plafond de 600 €. En revanche, depuis juin 2026, la condition liée aux transports collectifs a été supprimée pour l’exonération, ce qui élargit le nombre de salariés éligibles à la franchise fiscale.
Mise en place par l’employeur
La prime carburant est instaurée soit par accord collectif, soit par décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE. Elle doit bénéficier de manière équitable à l’ensemble des salariés remplissant les critères. Le versement reste facultatif : aucun salarié ne peut l’exiger si l’entreprise n’a pas mis le dispositif en place.
Le montant est librement fixé par l’employeur dans la limite du plafond d’exonération. Rien n’empêche de verser davantage, mais la fraction dépassant 600 € sera traitée comme un avantage en nature soumis à cotisations et à l’impôt sur le revenu.
La donnée à retenir pour la déclaration 2026 tient en une ligne : toute prime carburant perçue en dessous de 600 € n’apparaît pas dans le revenu imposable pré-rempli et n’appelle aucune action du contribuable. Au-delà, seul l’excédent rejoint les salaires. Pour ceux qui déclarent en frais réels, la soustraction de la prime exonérée du total des frais de trajet reste l’étape à ne pas oublier.

